Nous sommes engagés dans cette série sur la vision, et ce n’est pas un simple thème parmi d’autres. C’est une direction, c’est une orientation spirituelle, c’est une invitation à regarder plus loin que notre réalité immédiate pour entrer dans ce que Dieu a préparé. Et pour comprendre ce que cela signifie concrètement, nous allons marcher avec Josué et avec le peuple d’Israël, parce que leur histoire devient le miroir de notre propre cheminement.
Leur parcours n’est pas seulement un récit ancien ; c’est une trajectoire spirituelle. Ils avancent vers la prise de possession de la terre promise depuis si longtemps. Cette promesse ne date pas d’hier. Elle remonte à Abraham. Elle a été répétée, confirmée, portée à travers les générations. Pendant des siècles, cette terre a été espérée, attendue, crue. Et maintenant, le moment approche. Mais avant de parler de conquête, avant de parler de victoire et d’installation, il faut comprendre dans quelle saison le peuple se trouve réellement.
Le peuple a passé quarante ans dans le désert. Quarante années à marcher, à apprendre, à être éprouvé, à voir la fidélité de Dieu et aussi à confronter ses propres limites. Ils ne sont plus en Égypte. Ils ne sont plus sous Pharaon. Ils ne sont plus esclaves. Les chaînes sont tombées. L’oppression a cessé. La mer Rouge s’est ouverte derrière eux. Objectivement, extérieurement, ils sont libres.
Mais ils ne sont pas encore installés dans la promesse.
Ils ne sont plus esclaves, mais ils ne sont pas encore héritiers établis. Ils ont quitté un système d’oppression, mais ils ne vivent pas encore dans la plénitude de ce que Dieu leur avait annoncé. Ils sont dans cet espace intermédiaire, ce lieu inconfortable où l’on n’est plus ce que l’on était, sans être encore pleinement ce que l’on doit devenir.
Et j’aime rappeler cette vérité : il a fallu une nuit pour quitter l’Égypte, mais il a fallu presque quarante ans pour que l’Égypte quitte leur cœur. Une nuit pour sortir physiquement, une génération pour être transformés intérieurement. Parce que l’Égypte, ce n’était pas seulement un lieu géographique ; c’était une mentalité, une manière de penser, une façon de se voir soi-même.
Ils étaient sortis d’Égypte, mais l’Égypte était encore dans leurs réflexes, dans leurs peurs, dans leurs murmures et dans leur manière d’interpréter les circonstances. Devant la difficulté, ils regrettaient les oignons d’Égypte. Devant l’incertitude, ils parlaient de retourner en arrière. Leur corps était libre, mais leur imaginaire restait attaché à l’ancien système.
En réalité, le peuple s’est retrouvé entre deux saisons. Et cet entre-deux est spirituellement intense. Ils n’étaient plus sous la domination de Pharaon, mais ils n’étaient pas encore établis comme un peuple conquérant dans leur héritage. Ils vivaient un temps de transition. Or, la transition est toujours inconfortable, parce qu’elle oblige à lâcher l’ancien sans encore maîtriser le nouveau.
Et c’est précisément là que beaucoup d’enfants de Dieu se trouvent aujourd’hui.
Ils ont quitté certaines choses. Ils ont tourné le dos à des habitudes, à des péchés, à des schémas destructeurs. Ils ont répondu à l’appel de Dieu. Ils croient sincèrement. Mais ils ne sont pas encore entrés pleinement dans leur appel. Ils sentent qu’il y a plus, ils perçoivent la vision, ils entendent l’invitation à aller plus loin, mais quelque chose en eux résiste encore.
Ils croient, mais ils ont peur. Ils veulent avancer, mais ils se sentent bloqués. Ils ne veulent pas retourner en Égypte, mais ils hésitent à entrer en Canaan. Et ce blocage n’est pas forcément visible extérieurement. On peut être présent, fidèle, engagé en apparence, tout en étant intérieurement retenu par une ancienne conception de soi.
Le désert devient alors un lieu dangereux, non pas parce que Dieu y est absent, mais parce qu’on peut s’y habituer. Or, le désert n’est jamais une destination ; il est une saison de transformation. Dieu ne nous délivre pas pour que nous tournions en rond indéfiniment. Il ne nous libère pas pour que nous survivions. Il nous libère pour que nous possédions, pour que nous avancions, pour que nous devenions pleinement ce qu’Il a déclaré sur nous.
La vision, dans ce contexte, n’est pas simplement un projet d’Église ou une direction stratégique. La vision est l’appel à quitter définitivement l’ancienne mentalité pour entrer dans une nouvelle identité. C’est lever les yeux au-dessus du sable du désert pour contempler la fidélité de Dieu et dire : “Je ne suis plus esclave, et je ne resterai pas errant ; je suis appelé à devenir héritier.”
Alors la question qui se pose à chacun de nous n’est pas théorique. Elle est profondément personnelle : sommes-nous encore attachés intérieurement à une Égypte que Dieu nous a déjà fait quitter ? Ou sommes-nous prêts à franchir le passage qui nous fera entrer dans la plénitude de ce que Dieu a prévu ?
Car Dieu n’a pas fait sortir son peuple pour qu’il s’installe dans l’entre-deux. Et Il ne nous a pas sauvés pour que nous vivions à moitié de ce qu’Il a promis. Il nous appelle à aller jusqu’au bout, à traverser, à devenir la vision qu’Il a déposée en nous.
Josué 3 LSG
1 Josué, s’étant levé de bon matin, partit de Sittim avec tous les enfants d’Israël. Ils arrivèrent au Jourdain; et là, ils passèrent la nuit, avant de le traverser.
2 Au bout de trois jours, les officiers parcoururent le camp,
3 et donnèrent cet ordre au peuple: Lorsque vous verrez l’arche de l’alliance de l’Éternel, votre Dieu, portée par les sacrificateurs, les Lévites, vous partirez du lieu où vous êtes, et vous vous mettrez en marche après elle.
4 Mais il y aura entre vous et elle une distance d’environ deux mille coudées: n’en approchez pas. Elle vous montrera le chemin que vous devez suivre, car vous n’avez point encore passé par ce chemin.
5 Josué dit au peuple: Sanctifiez-vous, car demain l’Éternel fera des prodiges au milieu de vous.
6 Et Josué dit aux sacrificateurs: Portez l’arche de l’alliance, et passez devant le peuple. Ils portèrent l’arche de l’alliance, et ils marchèrent devant le peuple.
7 L’Éternel dit à Josué: Aujourd’hui, je commencerai à t’élever aux yeux de tout Israël, afin qu’ils sachent que je serai avec toi comme j’ai été avec Moïse.
8 Tu donneras cet ordre aux sacrificateurs qui portent l’arche de l’alliance: Lorsque vous arriverez au bord des eaux du Jourdain, vous vous arrêterez dans le Jourdain.
9 Josué dit aux enfants d’Israël: Approchez, et écoutez les paroles de l’Éternel, votre Dieu.
10 Josué dit: A ceci vous reconnaîtrez que le Dieu vivant est au milieu de vous, et qu’il chassera devant vous les Cananéens, les Héthiens, les Héviens, les Phéréziens, les Guirgasiens, les Amoréens et les Jébusiens:
11 voici, l’arche de l’alliance du Seigneur de toute la terre va passer devant vous dans le Jourdain.
12 Maintenant, prenez douze hommes parmi les tribus d’Israël, un homme de chaque tribu.
13 Et dès que les sacrificateurs qui portent l’arche de l’Éternel, le Seigneur de toute la terre, poseront la plante des pieds dans les eaux du Jourdain, les eaux du Jourdain seront coupées, les eaux qui descendent d’en haut, et elles s’arrêteront en un monceau.
14 Le peuple sortit de ses tentes pour passer le Jourdain, et les sacrificateurs qui portaient l’arche de l’alliance marchèrent devant le peuple.
15 Quand les sacrificateurs qui portaient l’arche furent arrivés au Jourdain, et que leurs pieds se furent mouillés au bord de l’eau, — le Jourdain regorge par-dessus toutes ses rives tout le temps de la moisson,
16 les eaux qui descendent d’en haut s’arrêtèrent, et s’élevèrent en un monceau, à une très grande distance, près de la ville d’Adam, qui est à côté de Tsarthan; et celles qui descendaient vers la mer de la plaine, la mer Salée, furent complètement coupées. Le peuple passa vis-à-vis de Jéricho.
17 Les sacrificateurs qui portaient l’arche de l’alliance de l’Éternel s’arrêtèrent de pied ferme sur le sec, au milieu du Jourdain, pendant que tout Israël passait à sec, jusqu’à ce que toute la nation eût achevé de passer le Jourdain.
LA CONSÉCRATION PRÉCÈDE LA PERCÉE
Josué 3.5 LSG
5 Josué dit au peuple: Sanctifiez-vous, car demain l’Éternel fera des prodiges au milieu de vous.
Lorsque Josué dit au peuple : « Sanctifiez-vous », le texte emploie le verbe hébreu qadash (קָדַשׁ). Ce mot ne signifie pas simplement “faire un effort spirituel” ou “avoir une bonne intention”. Il signifie mettre à part, séparer, consacrer pour un usage exclusivement dédié à Dieu. C’est le même mot utilisé pour parler des objets du temple, mis à part pour un service sacré. Autrement dit, Dieu ne demande pas seulement une préparation émotionnelle ; Il demande une mise à part réelle, volontaire, profonde.
Avant d’ouvrir le fleuve, Dieu parle au cœur. Avant d’accomplir un miracle visible, Il réclame une disposition invisible. Il ne commence pas par transformer les circonstances ; Il commence par transformer les cœurs. Et cela nous révèle un principe spirituel essentiel : Dieu agit d’abord intérieurement avant d’agir extérieurement.
La guérison commence ici. Elle ne débute pas lorsque l’obstacle disparaît, mais lorsque le cœur se rend disponible. Elle ne commence pas quand le fleuve s’ouvre, mais quand l’âme s’abandonne. Car ce que nous avons discerné comme un blocage n’est pas d’abord stratégique, ni organisationnel, ni structurel ; le véritable blocage est intérieur. Il réside dans les peurs non déposées, dans les blessures non confiées, dans les attachements encore tolérés.
On peut sincèrement vouloir la promesse. On peut désirer la bénédiction, la percée, la croissance. Mais on peut vouloir tout cela sans vouloir la consécration qui l’accompagne. Or, Dieu ne sépare jamais les deux. Il ne donne pas la terre promise à un cœur qui refuse d’être mis à part.
Dieu ne contourne pas le cœur. Il ne bypass pas l’âme pour accélérer le processus. Parce que ce qu’Il cherche, ce n’est pas seulement un peuple qui traverse un fleuve ; c’est un peuple qui Lui appartient entièrement.
LE JOURDAIN : LE LIEU DU PASSAGE
Le mot “Jourdain” vient de la racine hébraïque yarad (יָרַד), qui signifie littéralement descendre. Ce n’est pas un détail anodin, car la langue hébraïque transmet toujours une dimension spirituelle dans le sens des mots. Le Jourdain n’est pas seulement un fleuve géographique : c’est un fleuve qui descend, et spirituellement, cette idée est profonde.
Pour entrer dans la promesse, pour recevoir ce que Dieu a préparé, il faut accepter une descente intérieure. Il ne s’agit pas de céder sur les principes de Dieu, mais de s’humilier, de lâcher ce qui nous élève de manière artificielle. Cela signifie descendre de son orgueil, descendre de sa suffisance, descendre de sa peur, descendre de sa manière ancienne de penser, des habitudes et des raisonnements qui nous maintiennent à l’écart de ce que Dieu veut accomplir.
On ne traverse pas le Jourdain en restant haut, sur nos certitudes ou nos positions confortables. Traverser demande humilité et abandon, car la promesse se reçoit dans un cœur disponible, et non dans un cœur obstiné ou prétentieux. Et beaucoup restent dans le désert spirituel, même après avoir quitté l’Égypte, parce qu’ils refusent cette descente intérieure, ce renversement nécessaire pour que Dieu puisse les conduire à sa promesse.
Cette descente n’est pas une humiliation punitive ; c’est une préparation pour la bénédiction. C’est là, au pied du Jourdain, que Dieu transforme le cœur avant de transformer les circonstances. C’est là que le peuple apprend que la véritable marche vers la promesse commence par l’humilité et l’abandon total à Dieu.
ENTRE PROMESSE ET BLOCAGE : LA PEUR DE L’INCONNU
Le texte insiste sur un détail essentiel : le Jourdain débordait de toutes ses rives. Ce n’était pas une rivière calme, facile à traverser ; c’était le temps de la crue. L’eau était haute, le courant fort, le passage humainement risqué. Autrement dit, toutes les conditions semblaient réunies pour attendre un moment plus favorable, pour rester dans ce qui est connu, dans le désert.
Et pourtant, c’est précisément à ce moment-là que Dieu donne l’ordre d’avancer. Ce choix n’est pas anodin. Il révèle quelque chose du cœur de Dieu : Il ne choisit pas le chemin le plus simple pour accomplir Sa promesse. Au contraire, Il place Son peuple devant une situation qui dépasse leur capacité naturelle, afin qu’ils comprennent que la traversée ne dépendra pas de leur force, mais de Sa puissance seule.
Si le fleuve avait été bas et calme, le succès aurait pu être attribué à la stratégie humaine. Mais face à un Jourdain en crue, il devient évident que seul Dieu peut ouvrir le passage. La vision de Dieu nous conduit toujours là où nos ressources s’arrêtent, non pour nous humilier, mais pour nous apprendre la dépendance totale envers Lui. Nous aimerions que la vision se réalise dans des conditions idéales, confortables, sans incertitude. Mais si tout est à notre mesure, ce n’est plus une vision divine : c’est un projet humain.
Le Jourdain en crue devient alors un révélateur. Il met en lumière ce qui habite encore notre cœur : la peur ou la foi. Humainement, traverser paraît dangereux, irrationnel, presque insensé. Le désert, lui, est connu ; on y sait quoi attendre, on maîtrise les chemins, les habitudes et les limites. Le fleuve, en revanche, est incertain. Les eaux sont hautes, le courant violent, et la promesse qui attend de l’autre côté n’est pas encore visible.
Face à cette réalité, beaucoup choisissent de rester dans le désert, de s’accrocher à ce qui est confortable, familier, sécurisant. Mais Dieu nous révèle une vérité essentielle : rester dans le désert ne guérit pas, ne fait pas avancer, ne transforme pas. Le désert expose nos blessures, nos peurs et nos manques, mais il ne les résout pas. C’est la traversée qui transforme.
Entrer dans l’inconnu avec Dieu, confronter nos limites, affronter nos peurs et déposer notre confiance en Lui, c’est là que commence la guérison. Le désert n’est pas la destination ; il est un lieu de préparation. La promesse se trouve de l’autre côté du fleuve, et c’est dans ce passage que Dieu accomplit ce qu’aucune sécurité humaine ne pourrait produire. La vision dépasse nos calculs, nos sécurités et nos raisonnements prudents. Elle exige un pas de foi concret, un pas incarné vers l’inconnu, même lorsque tout semble irrationnel.
LES PIEDS DANS L’EAU : LE MOMENT DU PAS
Josué 3.13 LSG
13 Et dès que les sacrificateurs qui portent l’arche de l’Éternel, le Seigneur de toute la terre, poseront la plante des pieds dans les eaux du Jourdain, les eaux du Jourdain seront coupées, les eaux qui descendent d’en haut, et elles s’arrêteront en un monceau.
Le miracle de Dieu ne commence pas simplement au moment où Il parle. Non, le miracle commence lorsque nos pieds touchent l’eau. Le texte hébreu est précis : le mot utilisé pour “poser” implique un contact réel, tangible, assumé. Ce n’est pas un effleurement, ce n’est pas un geste symbolique ou théorique. Les sacrificateurs entrent dans le fleuve, pleinement, avec toute la responsabilité et le courage que cela exige.
La foi biblique n’est pas une idée abstraite que l’on admire de loin. Elle est incarnée, vécue, appliquée dans la réalité. Tant que les sacrificateurs restent sur la rive, tant que nous restons dans notre zone de confort, le fleuve reste fermé. Le miracle ne se produit pas dans la contemplation ou dans l’approbation intellectuelle d’une vision ; il se produit dans le pas concret, le geste obéissant et tangible.
Aujourd’hui, beaucoup vivent dans un désert moderne : ils prient, ils chantent, ils approuvent la vision… mais leurs pieds restent au sec. Ils ont entendu l’appel, ils ont reconnu la promesse, et pourtant ils n’osent pas faire le pas. La vision nous fait lever la tête pour voir ce qui nous dépasse, pour croire à l’impossible, mais elle exige aussi une action concrète, incarnée, qui matérialise notre foi. C’est seulement à ce moment-là que Dieu peut faire ce que Lui seul sait accomplir.
LA GUÉRISON PAR LE PASSAGE
Avant le Jourdain, le peuple d’Israël est enfant du désert. Ils connaissent la sécheresse, l’incertitude, les limites de leur chair et de leur courage. Le désert forge, éprouve, révèle leurs peurs et expose leurs blessures, mais il ne leur donne pas la plénitude de la promesse. Ils vivent encore dans une identité temporaire, définie par le manque, l’attente et l’adaptation aux circonstances.
Après le Jourdain, tout change. Ils deviennent héritiers de la promesse, non parce que Dieu a changé, non parce que la situation extérieure a été totalement transformée, mais parce qu’ils ont changé de position. Le passage à travers le fleuve n’est pas seulement géographique, il est spirituel. Il représente le moment où l’on sort de l’attente et de la survie pour entrer dans ce que Dieu a préparé.
Ce que le Jourdain révèle, c’est une vérité universelle : Dieu ne transforme pas les circonstances pour commencer le miracle ; Il transforme d’abord ceux qui avancent avec Lui. Beaucoup restent bloqués dans le désert parce qu’ils attendent que Dieu agisse extérieurement avant d’agir intérieurement. Mais le texte est clair : la percée commence par un changement de position, par un pas de foi, par un engagement concret dans l’obéissance.
Autrement dit, ils n’ont pas changé de Dieu, leur Père est toujours le même, fidèle et souverain. Ce qui change, c’est leur position vis-à-vis de Dieu et de Sa promesse. Ils sortent de la rive du désert pour entrer dans le courant de la promesse, et ce passage redéfinit leur identité : d’enfants en errance à héritiers positionnés.
Cette dynamique est la même pour nous aujourd’hui : nous pouvons aimer Dieu, prier, croire en Sa parole, mais si nous restons sur la rive de nos peurs, de notre confort ou de nos habitudes, la promesse reste hors de portée. Dieu nous appelle à changer de position, à poser nos pieds dans l’eau, à sortir de l’attente passive pour entrer dans l’action concrète. C’est ce pas qui ouvre la voie à la transformation, à la guérison et à la réalisation de la vision.
LES PIERRES : DEVENIR LA VISION
Dans Josué 4, Dieu ordonne au peuple de prendre douze pierres, une pour chaque tribu. Ce n’est pas un détail insignifiant. Le mot hébreu pour pierre, ’even (אֶבֶן), ne désigne pas seulement un caillou ; il porte une signification spirituelle profonde dans la pensée biblique. La pierre symbolise la stabilité, le fondement, la mémoire et le témoignage. Elle représente ce qui dure, ce qui soutient, ce qui marque un événement divin pour les générations futures.
Chaque tribu porte sa pierre. Personne ne peut déléguer ce rôle à un autre. Dieu ne demande pas que certains travaillent pendant que d’autres regardent. La vision devient personnelle : chacun est appelé à prendre sa place, à assumer sa responsabilité, à porter sa part dans l’accomplissement de ce que Dieu a promis.
Avant ce moment, le peuple avait erré dans le désert. Il n’était pas positionné. Il n’avait pas de repère concret, pas de témoignage tangible de ce que Dieu faisait. Mais ici, en prenant sa pierre, chaque tribu devient un élément stable et positionné dans le plan de Dieu. On sort de l’errance pour entrer dans l’action, dans l’obéissance concrète et dans la responsabilité.
image du puzzle prend tout son sens. Une pierre isolée ne raconte rien. Une pièce de puzzle seule ne permet pas de voir l’image complète. Mais lorsque chaque tribu, chaque membre, chaque pièce prend sa place, alors l’ensemble devient un témoignage vivant de l’œuvre de Dieu. La vision se matérialise uniquement quand chacun sort de sa boîte, de son inertie, de son confort, et qu’il devient un acteur conscient et actif dans le plan divin.
La leçon est claire : la vision ne fonctionne pas si chacun reste passif. Elle exige une prise de position personnelle, un engagement concret. Dieu ne construit pas seulement à travers les autres ; Il construit à travers chacun de nous, et c’est cette responsabilité individuelle qui rend l’édifice solide et la vision visible.
Ainsi, cette pierre n’est pas simplement un objet ; c’est un symbole de ton rôle dans la vision. Es-tu prêt à prendre ta pierre, à prendre ta place, et à devenir une part vivante de ce que Dieu veut accomplir dans l’Église et dans ta vie ?
SANS CONSÉCRATION, ON RESTE DANS LE DÉSERT – ET DIEU VEUT VOUS UTILISER
Le désert n’est pas l’absence de promesse. Le désert n’est pas le signe que Dieu vous a oubliés. Non, le désert révèle une réalité spirituelle bien plus profonde : le désert est le lieu où l’on reste lorsqu’on refuse d’avancer. On peut aimer l’Église, apprécier la vision, se réjouir de l’atmosphère, applaudir les projets… et pourtant rester bloqué, immobilisé dans sa zone de confort, dans ses peurs ou dans ses habitudes.
Le problème n’est pas extérieur. Le problème réside dans la disposition intérieure. Si l’intelligence n’est pas renouvelée, si le cœur n’est pas consacré, si la peur, l’orgueil ou la suffisance continuent de gouverner nos choix, nous tournerons en rond, et nous appellerons cela « attendre Dieu ». Mais le véritable désert, ce n’est pas une épreuve imposée ; c’est une conséquence d’un refus de se mettre en position pour la promesse.
Et voici la vérité qui change tout : Dieu veut vous utiliser. La traversée du Jourdain n’était pas un spectacle pour impressionner, ni une simple démonstration de Sa puissance. Non, le miracle était un moyen de positionner Son peuple. Dieu ne les fait pas traverser pour qu’ils admirent l’eau ouverte, Il les fait traverser pour qu’ils occupent le pays, pour qu’ils deviennent ce pour quoi ils ont été créés.
De même, Dieu ne vous guérit pas seulement pour votre confort. Il ne vous libère pas seulement de vos chaînes pour que vous viviez tranquilles sur la rive. Il vous guérit pour votre mission, pour que vous puissiez marcher dans la vision qu’Il a déposée en vous. La guérison, la délivrance et la promesse ne se reçoivent pas pour rester spectateur ; elles se reçoivent pour agir, pour se positionner, pour être instruments dans les mains de Dieu.
En d’autres termes : le désert se termine dans la consécration, et la consécration ouvre la voie à la mission. Le miracle est la conséquence d’un cœur mis à part, d’un pas posé dans l’obéissance, et d’une volonté de devenir la vision de Dieu dans le monde.
APPEL À LA CONSÉCRATION ET AU FRANCHISSEMENT
Où es-tu aujourd’hui ?
Es-tu encore sur la rive, regardant le Jourdain, admirant la promesse de loin mais sans oser t’engager ?
Es-tu encore en train d’analyser le courant, de mesurer les risques, de peser le pour et le contre, comme si Dieu attendait ta perfection avant d’agir ?
Es-tu encore défini par ton désert, par tes blessures, tes peurs, tes attachements, ton ancienne manière de penser, ou par des habitudes qui t’empêchent de marcher pleinement dans ce que Dieu t’a promis ?
La vision est là. Elle t’attend. Elle ne se réalisera pas par hasard. Elle ne se vivra pas depuis la rive, en spectateur. Elle ne se vivra pas sans consécration, sans ce renouveau intérieur qui dit : « Seigneur, je me mets à part pour Toi. »
Elle ne se vivra pas sans un changement de conception, sans la volonté de laisser derrière soi l’ancienne mentalité, l’orgueil, la suffisance, la peur, et tout ce qui nous retient dans le désert.
Le désert est derrière toi.
Le Jourdain est devant toi.
Dieu cherche aujourd’hui des hommes et des femmes courageux qui diront :
« Seigneur, je mets mes pieds dans l’eau. Je me consacre à Toi. Je deviens un instrument actif de Ta vision. »
Frères et sœurs, c’est le moment de franchir le Jourdain, de ne plus rester spectateur, de devenir la vision de Dieu incarnée dans notre vie, notre famille, notre Église. Ce pas n’est pas symbolique. C’est un engagement réel, concret, une réponse de foi qui déclenche le miracle de Dieu dans ta vie et autour de toi.
PRIÈRE POUR LA CONSÉCRATION ET LE FRANCHISSEMENT
Seigneur Tout-Puissant,
Aujourd’hui nous venons devant Toi avec des cœurs ouverts et sincères.
Nous reconnaissons que nous avons parfois été dans le désert, attachés à nos peurs, nos doutes, nos habitudes, nos sécurités.
Mais nous voulons Te dire : assez ! Assez de rester sur la rive. Assez d’analyser le courant sans oser avancer. Assez de laisser notre passé définir notre futur.
Seigneur, nous Te consacrons nos vies.
Nous mettons à part tout ce qui nous empêche de marcher pleinement dans la vision que Tu as déposée pour nous.
Nous lâchons l’orgueil, la suffisance, la peur, le passé, la routine et tout ce qui nous retient.
Aujourd’hui, Seigneur, nous faisons le pas de la foi.
Nous mettons nos pieds dans l’eau. Nous nous engageons à Te suivre, à devenir la vision incarnée dans notre vie et dans Ton Église.
Que Ton Esprit Saint nous guide, nous fortifie et nous conduise dans chaque pas, afin que nous entrions dans la promesse que Tu as préparée.
Merci Seigneur pour le miracle qui commence non pas dans les circonstances, mais dans notre cœur obéissant.
Merci pour le Jourdain qui s’ouvre, pour la promesse qui se réalise, et pour notre positionnement dans Ton plan.
Nous déclarons aujourd’hui : nous franchissons le Jourdain. Nous devenons la vision de Dieu. Nous marchons dans la promesse.
Au nom de Jésus, Amen.

